Raz-le-bol, je craque : que faire quand on est un parent épuisé ?
🟠 Quand tout a commencé
Quand on est parent face à la phobie scolaire, on se retrouve souvent perdu, épuisé, sans repères.
Lorsque le mal-être de mon aîné est devenu évident, j’ai dû me mettre en mouvement.
Ce n’était pas conscient, pas réfléchi, juste… une chose à faire.
J’ai commencé à taper aux portes, à poser des questions, à lire, à chercher.
Et au départ : rien.
Juste :
“Vous vous faites trop de soucis, Mme Martin. Ça va aller, il est juste un peu anxieux avec le passage en 6e.”
Mais moi, au fond de moi, je savais que ce n’était pas ça.
Pas juste “ça”.

🟠 Les premiers signes et les doutes
Puis un frémissement.
Un article sur la phobie scolaire avec les 10 points les plus “courants”.
Et là… j’y ai reconnu mon fils.
Sur tous les points, ou presque.
Alors j’ai pris rendez-vous chez notre médecin généraliste.
Je lui ai montré.
Et là encore : rien.
“On n’en est pas là.”
Cette année de 6e a été un cauchemar pour nous deux.
Les maux de ventre, les insomnies, les migraines, les vomissements…
Tout cela est devenu notre quotidien.
Et chaque matin, la boule au ventre avant même de me lever :
“Comment ça va se passer ce matin ?”
🟠 Le point de rupture
Il a fallu la goutte de trop, en décembre de son année de 5e.
Ce jour où il m’a dit :
“Je ne veux plus y aller.”
Et là, j’ai compris.
Si je ne trouvais pas d’aide, c’était fini.
Par dépit, une dernière recherche sur Google.
Et je tombe sur la Maison des Adolescents.
Je ne connaissais même pas.
Rendez-vous obtenu en 15 jours.
Et la rencontre avec un pédopsy qui a tout changé.
“Non madame, vous n’êtes pas folle.
Je suis d’accord avec vous : c’est une phobie scolaire, avec phobie sociale.”
🟠 La réalité derrière le diagnostic
Mais je n’avais pas encore compris que ce n’était pas fini.
Personne n’allait arriver avec une baguette magique.
Personne n’allait me donner un “tuto en 10 étapes”.
Nous entrions dans un nouveau combat :
👉 trouver des professionnels compétents et informés
👉 comprendre un système complexe
👉 avancer dans le flou
🟠 Le parcours du combattant face à la phobie scolaire
Les bilans ont commencé.
Des bilans parfois faussés :
- quand l’enfant compense trop (comme avec un haut potentiel)
- quand il va trop mal (comme avec une dépression)
Un début de piste quand même.
Un test chez l’orthophoniste.
À refaire dans 2 ans car pas concluant.
Puis le fameux bilan WISC, non pris en charge…
et à plusieurs centaines d’euros.
🟠 Le choc avec le système
Après confirmation du profil haut potentiel intellectuel, je me suis dit :
👉 “Super, on va enfin pouvoir dialoguer avec le collège.”
Je n’avais juste pas pris en compte le facteur humain.
Dans ma tête, c’était simple :
- la loi permet des aménagements
- j’ai les documents
→ donc ça va le faire
Dans les faits : pas du tout.
Certains établissements :
- ne respectent pas la loi
- freinent
- refusent
Ce qui a été notre cas.
🟠 Apprendre à choisir ses combats
J’ai fait une erreur.
Au début je me suis battue contre le système .
J’ai appris depuis :
👉 il faut choisir ses batailles
👉 la priorité, c’est toujours nos enfants
Pour lui, le chemin a été long.
Et ce n’est pas fini.
🟠 Et moi dans tout ça en tant que parent ?
Je me suis oubliée.
Mon corps me disait stop.
Mais je ne l’écoutais pas.
Il fallait avancer.
Trouver des solutions.
Le sauver.
🟠 Quand tout s’accumule
Et puis… le 3e a suivi, malgré la connaissance et la prévention. Non, on ne contrôle pas tout.
De la phobie scolaire nous sommes allés jusqu’à l’agoraphobie.
Mais entre-temps, la loi avait changé.
Impossible de le mettre en IEF sans accord médical.
Un stress supplémentaire.
Un système qui continue d’évaluer malgré tout.
Avec des cases. Des attentes. Un niveau “non conforme”.
Et pendant ce temps-là… mon fils.
Mon fils, c’est celui qui peut passer des heures à parler de ce qui le passionne.
Celui qui connaît par cœur des univers comme le Seigneur des Anneaux ou Star Wars.
Celui qui, depuis ses 12 ans, est capable d’organiser des événements pour des dizaines de personnes sur un jeu vidéo.
Celui qui peut écrire 40 pages de lore pour le jeu d’un copain.
Mais à qui on demande 20 lignes de rédaction… et pour qui ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué.
🟠 La prise de conscience
Puis une formation.
Coach de vie.
Hypnose ericksonienne.
Et une claque :
👉 je ne sais plus qui je suis
👉 ni ce que j’aime
👉 ni ce que je veux
🟠 Se retrouver pour mieux aider
Comment aider mes enfants si je m’oublie ?
Comment tenir si je me noie ?
Belle prise de conscience… mais j’en fais quoi ?
Ça a été long.
Et ça l’est encore, c’est un travail de chaque jour.
Mais j’ai appris une chose essentielle :
👉 mes enfants ont besoin que je vive
👉 pleinement
👉 en me respectant
🟠 Mieux se comprendre soi-même
C’est comme ça que j’ai été diagnostiquée :
- haut potentiel
- dyspraxie
- TDAH inhibé
Et là… tout s’est éclairé.
Mon cerveau en mode “réacteur nucléaire” avait enfin une explication. Toutes ces années à vouloir faire comme tout le monde et à m’épuiser faisait enfin sens.
🟠 L’épuisement : un signal à écouter
Si vous êtes épuisé(e), ce n’est pas un hasard.
Votre corps vous parle.
Fatigue, insomnie, stress…
Ce sont des signaux.
Ils peuvent aussi se traduire par :
- irritabilité
- envie de pleurer
- charge mentale
- sentiment d’impuissance
🟠 Pourquoi on s’épuise
L’épuisement ne vient pas que de nos enfants.
Il vient aussi de :
- la répétition des crises
- les démarches administratives sans fin
- le quotidien
- le regard des autres
- le couple fragilisé
- la peur de mal faire
- la solitude
🟠 Ce que vous devez retenir
👉 La phobie scolaire n’est pas de votre faute.
👉 Il n’y a pas UNE cause.
👉 Il n’y a pas UNE solution.
Mais surtout :
👉 vous avez le droit et le devoir de penser à vous
🟠 Phobie scolaire : comment tenir au quotidien?
Quand on est épuisé, on a souvent l’impression qu’il faudrait tout changer.
En réalité, ce sont souvent de toutes petites choses qui permettent de tenir dans la durée.
Déjà… s’autoriser à faire des pauses.
Même 5 minutes.
Se poser. Respirer.
Boire un café chaud.
Regarder le ciel, les nuages, écouter les oiseaux… ou juste fermer les yeux.
Ça paraît dérisoire, mais ça ne l’est pas.
C’est souvent ce qui permet de ne pas craquer complètement.
Ensuite, ne restez pas seul.
C’est sans doute l’une des choses les plus difficiles… mais aussi les plus importantes.
Chercher du soutien, ça peut être :
- une association
- un proche
- quelqu’un qui écoute sans juger
- ou même une personne avec qui parler de tout… sauf de la phobie scolaire
Parce qu’on a aussi besoin de souffler ailleurs.
Au quotidien, essayez d’alléger.
Pas parfaitement.
Juste… suffisamment.
Déléguer quand c’est possible.
Cuisiner en plus grande quantité et congeler.
Simplifier les repas.
Accepter que parfois, ce sera du “minimum”.
Et ce n’est pas grave.
Vraiment.
Et puis, petit à petit, se reconnecter à soi.
À ce qu’on aime.
À ce qui nous fait du bien.
Lire quelques pages.
Chanter. Marcher. Écrire.
Faire quelque chose qui ne sert à rien, en apparence,… sauf à vous.
👉Pour nourrir votre enfant intérieur.
Enfin, baisser le niveau d’exigence.
Parce que non :
- vous n’avez pas besoin d’être parfait
- vos enfants non plus
On nous a souvent appris que l’école était centrale, que tout se jouait là.
Mais la réalité est bien plus nuancée.
Alors soyez plus doux.
Avec eux.
Avec vous.
🟠 Mon petit tip perso ❤️
Chez nous, on a mis en place quelque chose de tout simple.
Le samedi soir, c’est soirée famille.
Chacun choisit à tour de rôle :
- le menu (pizza maison, hot-dog, croque-monsieur…)
- et l’activité (jeu, film, jeux vidéo…)
Et il n’y a qu’une seule règle :
👉 on participe
👉 on respecte le choix de l’autre
👉 et surtout… on s’amuse
Ça peut paraître anodin, mais ça nous a permis de recréer du lien, sans parler d’école.

🟠 Dernier message
Il n’existe pas de recette miracle.
Mais une chose est sûre :
👉 vous n’êtes pas un mauvais parent
👉 vous êtes un parent impliqué
Et ça… ça change tout.
🟠 Pour aller plus loin
- 👉 Phobie scolaire : les signes qui doivent vous alerter
- 👉 Phobie scolaire : caprice ou vraie souffrance
