maman et enfant en consultation — trouver un professionnel phobie scolaire
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Comment trouver un professionnel compétent ?

Vous avez compris que quelque chose ne va pas. Vous avez cherché, lu, posé des questions. Et maintenant vous faites face à un mur: par où commencer ? Qui appeler ? Qui va vraiment comprendre ce que vit votre enfant ?

Parce que ce que vous avez peut-être déjà vécu, c’est ça : des professionnels bienveillants mais démunis, des délais d’attente interminables, des rendez-vous qui n’aboutissent à rien, et ce sentiment épuisant d’être la seule à mesurer vraiment l’urgence de la situation.

Je suis passée par là avec deux de mes enfants. J’ai tâtonné, fait des erreurs, changé de cap. Et c’est exactement pour ça que j’écris cet article — pas pour vous donner une liste parfaite, mais pour vous partager ce que j’aurais voulu savoir avant. Avec les mots de quelqu’un qui y était.


Le premier réflexe : votre médecin généraliste ou pédiatre

Le premier professionnel à consulter, c’est celui que vous connaissez déjà — le médecin généraliste ou le pédiatre qui suit votre enfant. Pas parce qu’il est spécialiste du RSA, mais parce qu’il est indispensable pour deux choses concrètes : écarter toute cause physiologique et établir les premiers certificats médicaux dont vous aurez besoin pour l’école.

Cela dit, soyez prête à ce qu’il soit lui-même un peu démuni face à la situation. Notre médecin généraliste est quelqu’un d’humain, de bienveillant et de compétent — et pourtant, au début, elle n’a pas mesuré ce qui se passait. Même après que je lui ai apporté le premier article que j’avais lu sur le sujet, elle a pensé que c’était de l’anxiété liée à l’entrée en sixième, que ça allait se tasser.

Ce n’était pas de la négligence. C’était un manque de formation sur un sujet que l’école de médecine n’enseigne pas encore suffisamment. Donc si votre médecin minimise dans un premier temps, ne vous découragez pas — et ne lâchez pas. Revenez, insistez, apportez des éléments concrets. Votre rôle à ce stade c’est aussi de l’informer.


Le pédopsychiatre : indispensable mais pas toujours accessible

Une fois que vous avez franchi la première étape, il va vous falloir trouver un pédopsychiatre. C’est lui qui a les qualifications pour poser un diagnostic formel, coordonner le suivi et prescrire un traitement médicamenteux si nécessaire. Sur le papier c’est clair. Dans la réalité c’est une autre histoire.

Les délais sont souvent de six mois à un an — et encore, quand ils prennent de nouveaux patients. Même en habitant près d’une grande ville, mon aîné a pu en voir un grâce aux contacts proposés par une association spécialisée dans le haut potentiel, mais à une heure de route de chez nous. Mon cadet n’en a jamais vu. Nous avons finalement trouvé un médecin référent dans une structure privée spécialisée — pas vraiment un choix, plutôt une nécessité à ce moment-là. Mais ça a fonctionné, et ça a aussi soulagé notre médecin traitant qui ne se sentait pas à l’aise pour assurer ce rôle sur le long terme.

Autre réalité à connaître : tous les pédopsychiatres ne sont pas formés au RSA. Certains minimisent, d’autres ont des approches qui ne correspondent pas aux besoins spécifiques de ces enfants. Ce n’est pas une raison de baisser les bras — c’est une raison de poser des questions avant de vous engager dans un suivi, exactement comme vous le feriez pour n’importe quel autre professionnel de santé.

Quand le pédopsychiatre est inaccessible : les alternatives

Si le pédopsychiatre est inaccessible dans votre secteur, il existe plusieurs alternatives selon votre situation. Le privé spécialisé est une option mais le coût peut être un frein réel. Il existe aussi des structures hospitalières spécialisées, comme Cléa à Lyon, qui proposent une prise en charge globale et coordonnée autour de l’enfant — sans les délais ni les coûts du privé. Ce type de structure reste malheureusement peu connu et inégalement réparti sur le territoire, mais ça vaut le coup de chercher si quelque chose d’équivalent existe près de chez vous. Là encore les associations dont on parlera plus loin peuvent vous aider à les identifier.


Les bilans : comprendre comment fonctionne votre enfant

Dans la majorité des cas, nos enfants en RSA présentent ce qu’on appelle des neuroatypies — leur cerveau fonctionne différemment de la majorité, et c’est très bien comme ça. HPI, DYS, TDAH, TSA… souvent ces particularités coexistent et se combinent. Mon aîné est haut potentiel, dyslexique, dysorthographique et dysgraphique. Et ce n’est pas rare que ça soit familial — j’ai moi-même appris fin 2025 que j’étais HPI et TDAH. Ces découvertes tardives sont plus courantes qu’on ne le croit.

Pour identifier ces profils, trois bilans sont souvent incontournables : chez un neuropsychologue, un orthophoniste et un ergothérapeute. Ils permettent de comprendre comment fonctionne votre enfant, d’expliquer certaines difficultés qui semblaient inexplicables, et surtout d’ouvrir des droits à des aménagements scolaires.

Mais par où commencer quand on ne sait pas ? Mon conseil : partez de ce qui pose le plus de problèmes dans le quotidien de votre enfant. Pour nous c’était l’orthographe et la lecture — des matières où mon fils semblait régresser d’un coup. En réalité son cerveau n’arrivait plus à compenser comme avant, épuisé par la puberté et le passage en sixième. C’est ce constat concret qui nous a mis sur la piste.

Une chose importante à garder en tête : les bilans éclairent, ils expliquent, ils ouvrent des portes. Mais ils ne suffisent pas à eux seuls. Ils sont un point de départ, pas une fin en soi.


Choisir le bon thérapeute : la méthode compte autant que l’humain

Une fois les bilans faits, vous allez être tentée de tester différentes approches — sophrologie, EMDR, hypnose, psychanalyse, etc. Parfois ça fait du bien, souvent pas grand chose. Nos enfants ont des profils souvent atypiques et les approches classiques peuvent les prendre à rebrousse-poil. Ce qu’il vous faut en priorité c’est un psychologue qui connaît la phobie scolaire — pas uniquement en théorie, l’expérience terrain est cruciale.

Avant de vous engager dans un suivi, posez ces questions sans hésiter : « Avez-vous déjà accompagné des enfants en phobie scolaire ? Comment travaillez-vous ? Quelles techniques utilisez-vous ? »

Un bon professionnel ne le prendra pas mal. Et vous avez le droit de savoir avant de confier votre enfant fragile à quelqu’un.

Les TCC : ce que ça veut dire concrètement

Concernant les méthodes, la Haute Autorité de Santé recommande en priorité les Thérapies Cognitives et Comportementales — les TCC — jugées les plus efficaces pour traiter l’anxiété et les phobies. Concrètement ça consiste à exposer votre enfant progressivement à ce qui lui fait peur, en partant de situations peu anxiogènes pour aller vers des situations plus complexes, à son rythme.

Un exemple très concret : mes enfants n’ont jamais eu à prendre le bus jusqu’ici. Dans les prochaines semaines je prévois des sorties où mon fils prendra le bus sur quelques arrêts avec moi, puis seul, pendant que je le récupèrerai plus loin. L’objectif est simple : faire comprendre à son cerveau que comme le disent nos gaulois préférés, « le ciel ne va pas lui tomber sur la tête ».

Attention cependant — la TCC demande que votre enfant soit en état de s’y investir. Si il est épuisé ou en dépression, il faudra adapter le rythme. Et certains profils, comme le TSA, nécessitent un professionnel capable de s’ajuster finement.

Une dernière chose, et c’est peut-être la plus importante : le feeling entre le thérapeute et votre enfant est déterminant. J’ai fait l’erreur avec mes deux fils de respecter trop longtemps leur réticence à changer de professionnel. Si ça ne passe pas après plusieurs mois, ça ne passera probablement pas. Ce n’est pas une question de compétence — c’est une question d’alliance thérapeutique. N’attendez pas trop longtemps pour changer si vous sentez que ça stagne.


Le CMP : une option à connaître avec ses réalités

Le coût des suivis est une réalité que personne ne peut ignorer. Et c’est souvent ce qui oriente les familles vers les Centres Médico-Psychologiques — les CMP. Gratuits, accessibles, ils sont pour beaucoup la seule option réaliste.

Certains CMP sont sans doute très bien. Mais les retours de parents sont souvent mitigés, et mon expérience personnelle va dans le même sens. Pour mon aîné nous avons obtenu un rendez-vous au bout de six mois — en urgence. Nous n’avons jamais rencontré de pédopsychiatre mais avons eu un suivi avec une psychologue que je connaissais déjà d’une autre structure, et qui nous avait beaucoup aidés par le passé pour d’autres difficultés avec un de ses frères. Sauf que cette fois ça n’a rien donné.

Le transfert ne s’est pas fait entre mon fils et elle. Il était perturbé par quelque chose de précis : quand elle le recevait seul avant que je les rejoigne, il repérait des incohérences entre ce qu’elle lui disait et ce qu’elle me rapportait ensuite. Nos enfants sont souvent très empathiques et extraordinairement sensibles à ce type de décalage. Ce genre d’incohérence ne les rassure pas — ça les ferme, voir les angoisse.

Un autre point qui revient fréquemment : certains CMP utilisent des approches psychanalytiques qui semblent moins adaptées au traitement spécifique du RSA que les TCC dont on vient de parler. Ce n’est pas une règle absolue mais c’est une réalité à avoir en tête.

Si le CMP est votre seule option, allez-y — mais posez les mêmes questions qu’à n’importe quel autre professionnel. Et restez attentive aux signaux que vous envoie votre enfant.


Où chercher concrètement

Vous n’avez pas à trouver seule. Il existe des points d’appui concrets, et les connaître peut vous faire gagner un temps précieux.

La première ressource à contacter est l’Association Phobie Scolaire — l’APS. Elle dispose de bénévoles formés et de références par secteur géographique, alimentées par les retours de parents. C’est souvent le moyen le plus rapide d’obtenir le nom d’un professionnel qui connaît vraiment le RSA près de chez vous. Leur groupe Facebook permet aussi d’échanger directement avec d’autres familles.

Si votre enfant présente une neuroatypie identifiée ou suspectée, les associations spécialisées — HPI, TDAH, TSA — sont également une porte d’entrée précieuse. C’est d’ailleurs grâce à une association sur le Haut Potentiel Intellectuel que nous avons pu trouver un pédopsychiatre pour mon aîné.

Et puis il y a les Maisons des Adolescents. Je veux vous parler de celle de Lyon car c’est là que j’ai vécu quelque chose d’important. À un moment particulièrement difficile, quand mon fils craquait et que je ne savais plus à qui demander de l’aide, nous avons été reçues en quinze jours par un pédopsychiatre. Il nous a écoutées. Surtout, il nous a entendues. Et il a été le premier à poser clairement le diagnostic de phobie scolaire et de phobie sociale. La MDA ne fait pas de suivi thérapeutique — mais pour une première orientation, pour mettre des mots sur ce qui se passe et repartir avec une direction, c’est une ressource précieuse. Cherchez si une structure équivalente existe près de chez vous.


Et pour finir

Je sais que ce n’est pas ce qu’on voudrait entendre. Personnellement j’aurais préféré un truc du style : « Bon, vous allez lui donner 2 pilules vertes pendant 3 jours puis 1 jaune pendant 5 jours. Au revoir madame, pas la peine de rappeler, le traitement est garanti à 100% ! »

Malheureusement ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Mais vous allez vous en sortir.

Le choix des professionnels qui vont accompagner votre enfant — et vous accompagner aussi — est important. Parfois on se trompe, et ce n’est pas grave. Il suffit d’ajuster. Ne vous sous-estimez pas : vous connaissez votre enfant mieux que quiconque. Vous le côtoyez chaque jour depuis avant même sa naissance. Vos intuitions sont bonnes. Si vous sentez que ça ne fonctionne pas, si vous n’avez pas confiance — foncez, changez, cherchez ailleurs.

Un bon thérapeute ne vous jugera pas. Il respectera votre enfant et vous. Et si ce n’est pas le cas, vous avez le droit — et même le devoir — de prendre un autre avis.

Je saoule souvent mes enfants avec l’exemple des fourmis. Mais aujourd’hui c’est à vous que je veux le dire : nous sommes un roseau, pas un chêne. Nous plions sous les tempêtes — et elles sont nombreuses dans ce parcours — mais nous ne cassons pas. Nous nous relevons après chaque épreuve parce que nous ressentons plus fort, aimons plus fort. Parce que nos propres atypies, que nous découvrons souvent en chemin, nous rendent plus forts que nous ne le croyions.

Ce n’est pas votre enfant qui est inadapté au monde. C’est le monde qui a la chance de pouvoir lui faire une place. Et il la trouvera, cette place. Vous l’y aiderez — parce que vous êtes déjà en train de le faire.

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